by Ken Whelan
Director of the Peripatetic Porch
Several things impressed me about Lisa Salamandra’s art when I first
saw a sampling shortly after her graduation from art school: (1) The aesthetic
and structure of the work was very strong; (2) It was not school art; (3)
Spontaneity and freedom of expression was tempered by discipline and form
without expense to the individuality of the voice; (4) It honored traditions
and did not exploit the new for the sake of the new; (5) The work seemed to
well up from a deeper source that belied the youth of the artist. Some ten
years later I have not had to change my opinion. Salamandra is prolific and
with each successive wave of work those fundamental points remain strong.
For me the last point is the most important for the paintings register powerfully
as texts to be plumbed and interpreted. They are full of transparent symbols,
many banal, but they invariably point to a deeper source and ground of significance.
The painting "Mother" oil on canvas 1998 is full of symbols of addiction
that imprison the subject, but it is the mouth suggestive of "The Silent
Scream" into which we are drawn to deeper levels of the condition humaine.
A painting the artist considers primary to an important stage of her work is "la femme soumise" oil on canvas, 1995, a primal subject of dark heavy earth tones, as yet unformed but from which we can already see emergent problematic forms. The painting is the mythic source of much subsequent work. The latter will emerge in series (plumbing the depths) in which the emergent person or persons will flail about in various mediums of entrapment, ambiguity, surrender and domination, but all the while seeking release or redemption of a kind.
The motif of submergence in water (periscope series, "Women under water" oil on canvas 1999) and attempts to see through it or rise above it recurs in Salamandra’s work with emphasis upon femininity but not divorced from social and broadly historical context. The texts themselves transcend feminist rhetoric. (See the iconographic series of 60 or more works on wood — "femmes" oil on canvas mounted on wood, 1995-99—that has had at least two shows in Paris)
Central to Salamandra’s work is a working and reworking of subject matter, a constant burrowing-in that results in the layering that creates a sense of depths to be discovered. It follows that there will be found a greater reflective distance in her work than more spontaneous expressions where symbol and the experience that engenders it are almost simultaneous. That is why her work takes on such textual significance. What may be lost in emotive power is made up for by powerful structure, great swaths of solid bold colors in unyielding juxtaposition, and unerring aesthetic. Regardng color, Salamandra paints at high pitch but always short of overstatement. I have seldom seen a more uncompromising use of yellows, reds, blues and greens.
The current series, "Daily Bread" represents an
interesting transition from "my daily struggle with paint and canvas"
in a visceral way to a lighter, more delicate, serigraphic form. Each work
(150 will be exhibited in Paris, July 2002) can stand alone but is integral
to the flow of the series all done on authentic French baguette paper. The
paper itself lends an ethereal, luminous quality to the paintings (mixed media)
in which the collage effect dominates. Just as so much of Braque’s cubist
and collage work fits naturally into papered and textured wall settings; so,
Salamandra’s "Daily Bread" series can easily flow into the
world of design and textile patterns. The commercially exploited Keith Haring's
clever variations on Casper the Ghost would become Salamandra’s textile
visions of the beauty of the experienced world beyond irony and any modernist
obligation to pay tribute to alienation. Perhaps "Daily Bread" means
that Lisa Salamandra, the Person is more deeply integrated into the fabric
of the world in all its beauty, complexity and intractable but beckoning
mystery.
San Francisco, April 16, 2002
Par Ken Whelan
Directeur, The Peripatetic Porch
Plusieurs aspects de l’art de Lisa Salamandra m’ont impressionné
quand j’en ai vu un échantillon après sa remise de diplômes
de l’école de beaux-arts:
1 – l’esthétique et la structure de l’œuvre
étaient très fortes,
2 – ce n’était pas de l’art scolaire
3 – la spontanéité et la liberté d’expression
étaient maîtrisées sans coûter à l’individualité
de sa voix
4 – l’art honorait la tradition et ne cherchait pas à exploiter
le nouveau par simple goût du nouveau
5 – l’œuvre semblait jaillir d’une source profonde,
qui démentait la jeunesse de l’artiste.
Dix ans plus tard, je n’ai toujours pas eu à revoir mon opinion.
Salamandra est une artiste prolifique et, avec chaque vague successive de
son œuvre, ses aspects fondamentaux demeurent forts. Pour moi le dernier
aspect est le plus important car les tableaux s´inscrivent puissamment
comme des textes à sonder et interpréter. Ils sont pleins de
symboles transparents, certains banals, mais qui pointent invariablement vers
une source et un fond de signification. Le tableau ‘Mother" (huile
sur toile, 1998) est plein de symboles de dépendance qui emprisonnent
le sujet, mais c’est vers la bouche, qui rappelle le "The Silent
Scream", que nous sommes attirés pour arriver à des niveaux
plus profonds de la condition humaine.
Le tableau que l’artiste considère comme représentatif d’une étape importante de son œuvre, est "la femme soumise’ (huile sur toile, 1995), avec un sujet primitif de tons terre sombre, toujours informes mais d’où on voit déjà émerger des formes problématiques. Cette toile est la source de mythes pour une grande partie de l’œuvre qui suivra. Cette dernière émerge dans des séries qui touchent le fond dans lequel la ou les personne(s) qui émerge(nt) vont se débattre dans divers milieux d´enfermement, d´ambiguïté, de soumission et de domination, toutes cherchant la délivrance ou la rédemption d’une forme ou d’une autre. Le motif de submersion dans l´eau (série périscopique, "Women Underwater", huile sur toile 1999) ou de tentatives de voir à travers ou de s´élever au-dessus, revient dans l’œuvre de Salamandra, avec un accent sur la féminité qui n’est toutefois pas séparé du contexte social et largement historique. Les textes eux-mêmes transcendent la rhétorique féministe. (Voir la série iconographique de 60 oeuvres ou plus sur bois, 1995-1999, qui figure dans au moins deux expositions à Paris).
Au centre de l’œuvre de Salamandra est le travail et re-travail du sujet, un creusement constant qui mène à une formation de couches donnant le sens des profondeurs qui demandent la découverte. Il s´ensuit que l’on trouvera une plus grande distance de réflexion dans son oeuvre que dans des expressions plus spontanées où le symbole et l’expérience qui l’engendrent sont presque simultanés. C’est pour cela que son oeuvre prend une telle signification textuelle. Ce qui est perdu du pouvoir émotif est regagné par une structure puissante, grandes bandes de couleurs vives et solides en juxtaposition inébranlable, et une esthétique sans faute. Pour ce qui est des couleurs, Salamandra peint sur un ton qui reste toujours en dessous de l´exagération. J’ai rarement vu un usage si intransigeant de jaunes, rouges, bleus et verts.
Sa série actuelle, "Daily Bread" (pain quotidien)
représente une transition intéressante de sa "lutte quotidienne
avec la peinture et la toile" d’une manière viscérale,
vers une forme plus légère, délicate et sérigraphique.
Chaque oeuvre (150 figureront à l’exposition de Paris en juillet
2002) peut se voir seule mais chacune est essentielle au flux de la série
entièrement complétée sur du papier authentique de baguette
française. Le papier lui-même prête une qualité
éthérée, lumineuse aux tableaux (de média mixte)
dans lesquels l’effet du collage domine. Tout comme la plupart de l’œuvre
cubiste et de collage de Braque s´intègre naturellement dans
les compositions murales de papier et texture, la série "Daily
Bread" de Salamandra se coule facilement dans le monde du design et des
motifs pour textiles. Les astucieuses variations sur Casper le Fantôme
de Keith Haring ont été exploitées commercialement; de
même pourraient l´être les visions textiles de Salamandra
sur la beauté du monde ressenti, mais au-delà de l’ironie
et de l’obligation moderniste à payer tribut à l’aliénation.
Se pourrait-il que "Daily Bread" signifie que Lisa Salamandra, la
Personne, est plus profondément intégrée au tissu du
monde dans toute sa beauté, sa complexité et son mystère
intraitable mais qui nous interpelle?
San Francisco, 20 mai 2002